Faux mythes sur les Sak Yant
Si vous aussi, vous vous êtes fait une culture en ligne sur les Sak Yant, sans l’avoir apprise directement par un Maître authentique, un Ajarn ou un moine, alors il est fort probable qu’en continuant la lecture vous découvrirez de connaître certaines fausses informations concernant le tatouage occulte thaïlandais.
Nous le disons très souvent, internet est une vaste source d’information qui nous permet, désormais, de rejoindre [pratiquement presque] toute culture et connaissance présente sur notre planète. Cependant certaines cultures arrivent encore à garder une discrète privacy en laissant à Google une idée de base sans permettre à la mondialisation digitale de rentrer trop dans son intimité. Parmi celles-ci nous retrouvons aussi le Sak yant, une culture dont nous avons appris à peine le 5% de sa vaste connaissance.
Des Sak Yant on en parle souvent dans beaucoup de blog, articles sur les tatouages et dans des nombreuses sources d’information. Beaucoup d’entre elles proposent aux lecteurs des lectures de seconde main, donc extraites d’autres articles présents sur le web, écrits par des personnes qui auraient pu avoir pris les infos dans des troisièmes articles, sans jamais avoir eu un contact direct avec le sujet abordé. Ce recyclage d’information (naturellement démontrable)avec un ajout ou une libre interprétation alimente des fausses connaissances sur lesquelles des passionnés risquent de développer leur propre culture.
Par la suite, nous allons démontrer la fausseté des mythes (donc faux mythes) le plus répandus liés aux trois Sak Yant les plus populaires en occident (et non seulement).
Nous proposons de commencer par le Sak Yant le plus mal compris au monde, les très appréciées « cinq lignes », Ha Taew.
Ha taew
– Faux mythe : « La structure des cinq colonnes de kata est celle que je lis sur internet :
1° ligne : protection des accusations et punitions injustes ;
2° ligne : protection des astres adverses ;
3° ligne : protection de la magie noire ;
4° ligne : représente une charge de chance ;
5° ligne : augmente le charisme et l’attirance ».
– Réalité : Cette affirmation est partiellement vraie ; en effet certaines écoles de Sak Yant suivent ce schéma, certaines d’autres non. Un exemple concret est l’Ha Taew d’Ajarn Jay qui ne suit pas cette séquence de Kata mais d’habitude insère un seul kata (avec des autres propriété) ou en exploitant la structure graphique avec cinq colonnes verticales, en insérant parfois des autres Kata qui mieux répondent aux demandes de ses étudiants. Dans ce cas il pourrait y avoir plusieurs personnes avec le mème Sak Yant mais avec des Kata différents.
– Faux mythe: « C’est le premier yant qu’il faut faire ! »
– Réalité : Non, en générale les premiers Sak Yant qui devraient être reçus sont les Master Yant, c’est-à-dire une catégorie restreinte de Sak Yant, appelé justement « le yant Maîtres » ou « les yant guide ». Le yant Ha Taew ne fait pas partie des Master Yant et ceci est confirmé aussi par le fait qu’originairement l’Ha Taew était tatoué sur les avant-bras des thaïs, ce qui ne serait jamais admis pour les Master Yant qui, traditionnellement, naissent pour être tatoués sur la partie haute du dos.
Khao Yord
Il appartient à la catégorie des Master yant mais ce n’est pas le seul ; sa forme rappelle un temple (ou une pyramide) mais elle n’est pas liée avec une forme architectonique, le Khao Yord est un yant associé à deux autres faux mythes difficiles à faire disparaître.
– Faux mythe : « C’est le premier yant qu’il faut faire ! »
– Réalité : Ce faux mythe probablement soit son existence à un malentendu. Comme nous avons pu constater dans les lignes précédentes, c’est une bonne pratique qu’un Master Yant soit reçu en premier. Le Khao Yord appartient à cette catégorie mais ce n’est pas le seul, donc ce n’est pas nécessairement le premier yant à recevoir.
Certains lignages de Sak Yant comme le Naeuttarandg ne mettaient pas le Khao Yord parmi les talismans yantra à tatouer (à la place des neuf spirales ils tatouent le yant Na Ru Tcha ou Yant Yod Na Rue Cha, « la signature du Maître ». Dans des autres réalités comme celle du Wat Bang Phra il est tatoué (dans sa sua version Khai Thuen) comme premier yant à toutes les personnes qui se rapprochent du Sak Yant.
– Faux mythe : « Les neuf spirales représentent les sommets d’une montagne ».
– Réalité : Les yant représentent une combinaison de géométries, formules magiques et numérologies. Dans le Khao Yord le numéro neuf à le rôle principal. En Thaïlande c’est le numéro de la chance par excellence. Sur internet certaines sources épousent l’interprétation selon laquelle la forme piramidale du Khao Yord est une évocation des neuf sommets d’une montagne sacrée (dont la description même sur Wikipedia parle d’une conformation avec cinq sommets : https://en.wikipedia.org/wiki/Mount_Meru).
Dans ses différentes versions le Khao Yord peut présenter un schéma de kata qui grandit par soustraction ou présenter des différentes lignes de kata selon l’organisation des espaces.
Vous pouvez approfondir ultérieurement le sujet sur une des structures du Khao Yord en cliquant ici.
Phet Tidt
Un autre yant très connu et très souvent mal compris est le Phet Tidt, une protection qui s’étend dans huit direction que dans ce collage nous vous montrons en quatre versions dont une non encore réalisée ici en Europe (par nos Ajarn). Pour être honnêtes, ce yant souffre plus d’une simplification trop approximative que d’un faux mythe.
– Faux mythe : « Ceci est le yant des voyageurs ! »
– Réalité : C’est correct de dire que le Phet Tidt peut être considéré comme le yant du voyageur mais c’est faux de l’associer exclusivement à ce contexte. Cette approximation dérive du fait que les moines (mais non seulement eux) avaient l’habitude de tracer cet octogramme sur le sol avant de commencer la méditation pour avoir un rideau magique qui les protégeait des bêtes féroces et des animaux toxiques quand ils se retrouvaient dans des territoires hostiles comme le jungle.
– Faux mythe : « Le Phet Tidt est une étoile avec huit pointes ».
– Réalité : En effet il rappelle une étoile mais il ne l’est pas. Cet octogramme yantra représente les huit moines qui ont atteint huit états sublimes différents. Ces huit illuminés dans la tradition Theravada sont connus avec le nom de « Horakan ». Actuellement les informations que nous possédons sur l’Horakan ne sont pas encore assez pour nous permettre un approfondissement, mais nous promettons de vous tenir au courant dès que nous en saurons plus.